Rock around le Bunker (2)

Voilà bientôt un an que l’association V Rock en Nord aide les musiciens régionaux. Locaux de répétition, concerts, centre d’information ef bientôt compilations: ces activistes jouent la continuité. Portrait de groupe.

Le bâtiment est impressionnant, typique du Nord. Toute en briques rouges, cette ancienne brasserie de la rue du docteur Yersin rappelle à tous, le passé industriel de Lille, et l’époque où l’on installait les usines en centre-ville. Le 49 ter se fond littéralement. dans le décor, malgré sa taille (4 niveaux) et son passé.Voilă 7 ans que les artistes ont investi ce lieu. L’une des innombrables associations présentes sur le site a choisi d’en faire un instru- ment de promotion du rock régional. Rock en Nord use donc des multiples possibilités du bâtiment pour offrir aux musiciens « un outil de travail ». « Notre démarche est d’accompagner les groupes, de proposer une continuité, du local de répétition au disque » souligne Jean-Paul Kubis, I’un des frois activistes responsables de l’association. Ouvert officiellement le 21 avril 1995, le Bunker fait aujourd’hui office de plaque tournante du réseau rock régional. 15 groupes s’y abritent régulièrement pour y répéter dans de bonnes conditions, une soixantaine de concerts s’y sont déroulés, et les projets se multiplient. Les Lillois de No More Reason – aperçus récemment en première partie des Thugs – sortent en collaboration aveс Rock en Nord un CD 2 titres. Des compilations de groupes régionaux pourraient suivre. Un festival se prépare. Deux locaux de répétition supplémentaires ouvrent prochainement, une salle de concert de 200 places verra le jour au début 1997. « Tout s’enchaîne logique- ment. Les travaux sont payés par les bénéfices des locaux de répétition, et les concerts, quand ils ne sont pas des gouffres financiers ».

Démarche unique que celle de Rock en Nord. Plutôt que d’attendre d’hypothé- tiques subventions, ces « militants » ont choisi de se lancer sur leurs fonds
propres. « Nous refusons pourtant l’étiquette de lieu alternatif. Mais nous ne
pouvions attendre la prise en compte de nos dossiers pour démarrer ». Pour I’heure, seul le Conseil Général a répondu présent, à hauteur de 25.000 francs. « Toutes les associations du 49 ter s’inscrivent dans les mêmes réalités économiques que la notre. C’est particulièrement dur I’hiver. Le chauffage est dans les dos- siers, à la Mairie de Lille ! ». En marge des institutions, I’hexagone fourmille d’endroits comme le 49 ter. Anciennes usines, squats alternatifs, bars associatifs: quelles que soient les éti- quettes, les musiciens profitent pleinement de ce réseau parallèle. « Nous avons découvert l’existence de се réseau, et la propension des groupes à l’utiliser, surtout chez les Parisiens. Le bouche à oreille est la principale ressource des musiciens. Globalement, l’image du Bunker est positive, parce que nous mettons un point d’honneur à accueillir correctement les groupes. Un minimum de conscience professionnelle s’impose pour améliorer les conditions de travail des musiciens ! ».

Laurent TRICART

Le jeudi 29 février, le Carré des Halles – notoire institution – ouvre ses portes au Bunker, pour un concert de Gang Jah Gang, du reggae-trash originaire d’Amiens. Rens. 20.54.61.23. Rock en Nord, 49 ter, rue du Docteur Yersin, Lille. Tél. 20.74.50.07.